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mardi 22 septembre 2015
lundi 4 mai 2015
Découvrir la spiritualité du Shabbat
Découvrir la spiritualité du
Shabbat
L’Evangile nous présente le Shabbat comme une multitude de
règles à ne pas transgresser. Avons-nous bien compris sa profondeur religieuse? Qu’en est-il
réellement ? Pour le découvrir, une expérience vous est proposée. Vivre un
shabbat entre juifs et chrétiens orthodoxes, découvrir le contenu et le sens
des prières à la synagogue, la lecture de la Torah, la signification des
nombreux rites vécus autour de la table familiale (considérée comme l’autel du
temple), la joie et la ferveur de sa dimension nuptiale et mystique. Des amis
juifs sont heureux de partager avec nous leur trésor, autour du rabbin Yehouda
Berdugo dont la qualité pédagogique est exceptionnelle et son épouse Myriam.
Avec la bénédiction
des Evêques de l’AEOF
Les vendredi et samedi 5 et 6
juin 2015
Au Centre Jérôme Cahen, 44 rue Jacques Dulud, 92 Neuilly
sur Seine (Métro : Les Sablons)
Programme :
Vendredi soir : 19h-22h30
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Samedi : 9h30 – 18 h
|
19h : Présentation de l’entrée en shabbat et de
l’office qui suivra.
20h: Office de Qabbalat Shabbat
21h : Repas de fête comme dans chaque famille juive. Accompagné
de chants, d’enseignement et d’échanges.
|
9 h 30 : Présentation de l’office de Shabbat
10 h : Office de Shabbat matin
12 h : Echange libre avec le Rabbin
12 h 30 : Repas de shabbat.
15 h : Enseignement du Rabbin
16 h : Causerie de
Philippe Boukara, historien
Questions et échanges libres
Chants et danses traditionnels d’Israël
|
Le shabbat ne se termine qu’avec la nuit. Mais chacun peut librement repartir à partir
de 18h.
Pour ceux qui souhaitent rester après 18h voici le programme :
18 h : Assemblée générale de l'Association CODJ
20h : A la synagogue mitoyenne de la salle que nous occuperons: cours du Rabbin Yehouda Berdugo
21h15 : Minha. (prière de la fin de la journée) suivie du repas du soir avec la communauté juive.
la soirée se conclura par la Havdala avec la communauté juive de la synagogue de Neuilly : cérémonie de la clôture du shabbat et du retour à la semaine.
Pour ceux qui souhaitent rester après 18h voici le programme :
18 h : Assemblée générale de l'Association CODJ
20h : A la synagogue mitoyenne de la salle que nous occuperons: cours du Rabbin Yehouda Berdugo
21h15 : Minha. (prière de la fin de la journée) suivie du repas du soir avec la communauté juive.
la soirée se conclura par la Havdala avec la communauté juive de la synagogue de Neuilly : cérémonie de la clôture du shabbat et du retour à la semaine.
Frais de
participation
Shabbat Plein
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Vendredi soir seulement
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Samedi seulement :
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Personne seule
Couple :
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70 €
120 €
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45 €
70 €
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55 €
90 €
|
Enfants : 20 euros par repas. Gratuit pour les
moins de 6 ans.
Les tarifs proposés sont des tarifs préférentiels pour les
adhérents de l’Association. Si vous voulez soutenir l’association Chrétiens
Orthodoxes en Dialogue avec des Juifs (CODJ).
Adhésion : 20
euros. Adhésion de soutien 30 euros et
plus.
Pour les non adhérents, tous les tarifs sont majorés de
10 € par personne.
Que personne ne soit gêné par des questions financières.
N’hésitez pas à nous contacter.
Bulletin d’inscription à renvoyer
à Claudine Garcia, 56 rue de la Villette -75019 PARIS 06 88 43 26 64 avec
un chèque de règlement à l’ordre de CODJ. Ou pour faire un virement sur le
compte, veuillez envoyer un courriel à : claudinegarcia3@gmail.com. Notre
site : http://codj-fr.blogspot.fr/
Nom et Prénom
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Adresse
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Téléphone
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Email
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Nombre de
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Personnes seules Couples Enfants
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Shabbat Plein
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Vendredi soir seul
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Samedi seulement
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x = x = x =
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Total
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lundi 16 mars 2015
Remarques sur l'hymnographie de la Semaine Sainte - Olga Laham
QUELQUES REMARQUES SUR L’HYMNOGRAPHIE
DE LA SEMAINE SAINTE
POINT DE VUE
Olga Laham
Bulletin de la Crypte, Avril 2012
p.12-13
Les événements de la Passion du Christ, que l’on commémore du Jeudi au
Samedi saint, sont évoqués et commentés à travers une hymnographie riche et
poétique contenue dans le Triode. Si cette hymnographie nous porte à participer
spirituellement au moment essentiel, dans l’œuvre de salut de Dieu pour
l’homme, qu’est la mort librement consentie du Christ, certains textes entendus
à l’église durant les nombreuses célébrations qui ponctuent les jours saints
peuvent susciter notre étonnement, voire choquer.
Prenons l’une des hymnes du lucernaire des vêpres du Jeudi saint :
« Judas est vraiment de cette engeance de vipères, de ceux qui mangèrent
la manne dans le désert et murmurèrent contre Celui qui les nourrissait. La
nourriture était encore dans leur bouche, et les ingrats parlaient contre Dieu.
Et lui l'impie portait à sa bouche le pain céleste et se préparait à trahir le
Sauveur. Ô la pensée insatiable et l'audace inhumaine ! Il vendait Celui qui le
nourrissait. Il livrait à la mort le Maître qu'il embrassait. L'inique était
bien leur fils. Il hérita avec eux de la perdition. Délivre nos âmes d'une
telle inhumanité, Seigneur incomparable en ta patience. »
Deux thèmes, particulièrement récurrents dans l’hymnographie du Jeudi au
Samedi saint, sont ici entremêlés : celui de la trahison de Judas, celui de
l’ingratitude des Juifs envers le Christ. Si ces deux aspects comportent une
origine évangélique incontestable, la manière dont ils sont déclinés dans nos
chants n’est pas sans être problématique pour un auditeur d’aujourd’hui.
Tout d’abord Judas est constamment désigné comme « l’inique », « le
félon », « l’impie », « l’homme avide »…, la charge à son encontre
culminant dans cette hymne citée où il est clairement décidé qu’il « hérita de
la perdition ». À l’heure où le Christ montre le chemin de l’amour véritable
en se faisant Serviteur de tous, lavant les pieds de ses disciples, et en
pardonnant au moment de mourir à ceux qui L’ont mis en croix, les chants
entendus à l’église nous portent davantage vers un esprit de jugement, de
condamnation, de haine envers les responsables historiques de sa mort. Le
trait a certes une dimension pédagogique, que l’on peut également observer dans
l’hymne ci-dessus : « Délivre nos âmes d’une telle inhumanité, Seigneur ». La
plupart des allusions à l’avarice de Judas comportent une mise en garde qui
concerne chacun :
« Détourne toi, ô mon âme, de l’avarice »… Cependant, cette visée
pédagogique peut-elle justifier la violence de la charge, qui va jusqu’à
promettre l’enfer au traître là où le Christ propose le salut à tous et où
l’Église affirme que le Jugement final ne peut être ni anticipé ni commenté pour
personne car il relève de la décision de Dieu seul ? N’est-ce pas là un
contresens pur et simple du message évangélique ?
La question est plus brûlante encore
concernant le traitement réservé aux Juifs. L’hymnographie dans son ensemble a
tendance à assimiler les personnes responsables de la crucifixion historique de
Jésus avec le peuple hébreu tout entier. (« Ceux qu’Il a nourris dans le désert
en leur donnant la manne à satiété Lui ont offert le vinaigre et le fiel »
entend-t-on par exemple dans l’une des stances des matines du samedi saint.)
Ceci rejoint un problème plus vaste, celui de l’antijudaïsme de certains textes
théologiques et liturgiques qui peut s’expliquer par leur
contexte de rédaction, à une époque où l’Église avait besoin de
s’affirmer de façon claire face à la synagogue. À notre époque, cet
antijudaïsme résonnant sous les voûtes de nos églises est difficilement
recevable et ne peut laisser indifférent.
Toute l’interprétation hymnographique des
événements de la Passion du Christ est pourtant fondée sur cette condamnation
du peuple juif dans son ensemble, tandis que Jésus face à ses bourreaux –
prêtres juifs comme soldats romains – ne profère pas une parole – sinon celles de pardon – et se laisse
bafouer, insulter, torturer, par amour pour tous les hommes.
C’est là une question plus large que celle
de la traduction, qui est l’affaire de spécialistes compétents, mais qui ne
peuvent prendre seuls la décision de refondre en profondeur une tradition
hymnographique si établie. En Église, par le dialogue entre les fidèles, il
s’agit de trouver une manière de faire évoluer ces textes qui portent la prière
de tous pour les rendre plus conformes à l’essence même du message évangélique1.
Tâche laborieuse, cependant portée par l’inspiration de l’Esprit Saint si elle
est menée de façon authentique et conciliaire, en vue de rendre le trésor
liturgique dont nous avons hérité parlant pour notre temps, sans l’appauvrir,
mais au contraire en y apportant la richesse d’un dialogue ecclésial sur la
question.
Olga Laham
NOTE
1.
Certains conciles ont bien interdit des représentations iconographiques - telle
celle de Dieu le Père - contraires à la Tradition, mais que l’usage avait
cependant répandu. Il pourrait en être de même concernant l’hymnographie.
Juifs et Chrétiens : Connaissance mutuelle - Mgr Emmanuel, Métropolite, président de l'AEOF
« Juifs et Chrétiens : Connaissance mutuelle & Enjeux d’une
réflexion commune pour notre société »
Contribution
Le Métropolite Emmanuel, de France
Collège des Bernardins (Paris), 18 janvier 2015
Monsieur le
Grand Rabbin de France, Monsieur Haïm Korsia,
Monsieur le
Pasteur François Clavairoly,
Excellence,
cher Monseigneur Jérôme Beau,
Monsieur le
Président du B’nai B’rith France, Monsieur Serge Dahan,
Mesdames et
Messieurs,
Chers amis,
Je
souhaiterais commencer mon modeste propos par l’évocation d’un épisode que vous
connaissez tous parfaitement, à savoir l’apparition de Mamré. Il court sur tout
le chapitre 18 du livre de la Genèse.
Abraham y accueille alors trois « hommes » auxquels il s’adresse dans
un singulier de majesté. Comme pour une supplication, il s’adresse à eux en
disant « Seigneur ». Il ne me revient pas de détailler cette lecture
biblique commune à nos deux traditions religieuses. En revanche, je
souhaiterais m’arrêter sur ce verset central dans la vie de nos
communautés : « Abraham doit devenir une nation grande et puissante
en qui seront bénies toutes les nations de la terre, car j’ai voulu le
connaître afin qu’il prescrive à ses fils et sa maison après lui d’observer la voie du Seigneur en
pratiquant la justice et le droit ; ainsi le Seigneur réalisera pour
Abraham ce qu’il a prédit de lui. » (Gn 18, 19)
« La
justice et le droit » sont très certainement l’engagement le plus
essentiel dont judaïsme et christianisme orthodoxe doivent aujourd’hui faire la
promotion. Il s’agit d’un héritage spirituel qui a traversé les siècles. Pour
autant, il ne peut être notre seul apanage. La protection de la justice et du
droit est constitutive de toute expérience proprement religieuse dès lors
qu’elle s’inscrit dans l’ouverture à l’autre, dans la volonté de dialoguer,
dans la lutte contre toute forme de haine au profit de la glorification d’un
Dieu juste par l’amour. Aussi, ne pourrons-nous être fils et filles d’Abraham,
du moins pour ceux qui s’en prévalent, que lorsque nous aurons à cœur de vivre
pour la justice dans le respect du droit.
A
l’heure où la France panse les plaies des dernières attaques terroristes, à
l’heure où la haine au triple visage – négation de la liberté
d’expression, opposition à l’autorité de l’Etat et antisémitisme par la main
d’effroyables meurtriers – il nous revient à nous, responsables religieux de
savoir poser un regard clair sur la nature des relations interreligieuses.
J’ouvre ici une parenthèse en souhaitant présenter une nouvelle fois mes plus
sincères condoléances à l’ensemble de la communauté juive de France. Comme j’ai
d’ailleurs pu l’écrire au Grand Rabbin de France, Monsieur Haïm Korsia, les
terribles événements qui ont ensanglanté à nouveau la communauté juive ne
doivent pas avoir pour effet d’accroitre le départ de ses membres. Les juifs de
France de par leur vécu, de par le ferment culturel qu’ils représentent, de par
leur intelligence historique dont ils sont porteurs, sont indispensables à la
civilisation démocratique qui s’est forgée dans le temps long de notre passé
commun. La démocratie, pour ne pas dire la République, ne peut se penser sans
un judaïsme contribuant à la diversité du paysage religieux français.
J’ai
donc l’honneur aujourd’hui de présenter quelques réflexions à propos du rapport
entre judaïsme et orthodoxie. Deux mille ans d’histoire ne peuvent aisément
faire l’objet d’une présentation de cinq minutes. Pour autant, j’aimerais
souligner que notre tradition religieuse, au regard de son histoire propre, a
toujours été amenée à coexister avec le judaïsme, tout d’abord dans un débat
théologique particulièrement intense comme entre saint Justin le Philosophe (2e
siècle de notre ère) dans son dialogue avec Tryphon. L’autonomisation du
christianisme à l’égard du judaïsme à l’heure des premières communautés chrétiennes,
ne se fait pas sans douleur, telle une maïeutique indispensable permettant de
délimiter les frontières spécifiques entre ces deux traditions religieuses.
Mais
au-delà des controverses théologiques, pour le coup souvent caricaturales, il
convient d’insister sur le fait que judaïsme et orthodoxie sont tous deux des
religions d’Orient. Dans sa liturgie même, l’Eglise orthodoxe a conservé des
éléments que les savants font remonter jusqu’aux cultes pratiqués dans le
judaïsme. Il s’agit avant tout d’une inspiration commune selon laquelle tout
doit être offert à Dieu dans un mouvement d’action de grâce, lui présentant ce
qui nous fut donné gratuitement. Ce paradoxe est fondateur d’une interprétation
commune sur la fin des temps. On parle alors d’une eschatologie convergente
entre nos deux religions sur laquelle a si bien travaillé le prêtre orthodoxe
Lev Gillet dans un ouvrage publié en 1941, en Angleterre – ce fait n’est pas
innocent au vu des luttes dans lesquelles le monde était engagé – intitulé Communion dans le Messie, études sur le
rapport entre le judaïsme et le christianisme.
A
la même époque, il est indispensable de parler de cette figure lumineuse,
contemporaine du Père Lev, celle d’Élisabeth
Iourievna Pilenko (1891-1945), connue aussi sous le nom de Mère Marie
Skobtsov. Cette dernière, immigrée russe en France depuis 1941, fut l’une des
personnalités les plus engagées de son temps. Membre d’une intelligentsia bouillonnante, elle était aussi une femme
d’engagement et d’action, dont la foi l’a portée jusqu’au sacrifice ultime. En
effet, arrêtée par la Gestapo en 1943, elle meurt à Ravensbrück en 1945 après
avoir pris la place d’une jeune femme juive destinée à la chambre à gaz. En la
canonisant en 2004 comme martyre, le Patriarcat œcuménique de Constantinople a
non seulement reconnu le courage et la force de cette femme, mais il a
parfaitement signifié le regard compassionnel de notre tradition religieuse sur
le drame historique de la Shoah. Devant l’horreur de la mort, dans laquelle
s’accomplit selon notre théologie le mystère salutaire du Christ, il n’y a plus
ni juif, ni grec, ni esclave, ni homme libre, ni homme, ni femme, mais
qu’une humanité universelle forgée dans le mystère de la souffrance. Ce
sacrifice pour la justice et le droit fait écho aujourd’hui aux victimes des
attentats perpétrés il y a une dizaine de jours.
En
outre, je suis personnellement engagé depuis de nombreuses années, dans le
cadre de la mission du Patriarcat œcuménique de Constantinople, en faveur de la
promotion du dialogue avec le judaïsme. Il me revient donc assez souvent, pour
ne pas dire trop souvent, de rappeler à notre monde orthodoxe l’indispensable
lien qui nous unit au judaïsme. Dette historique, dette spirituelle, dont
certains de nos textes liturgiques ne rendent pas parfaitement compte. Car, en
jouant sur le contraste paulinien des deux lois, certains
« théologiens » orthodoxes développent des représentations pouvant
nourrir l’antisémitisme d’aucuns. Ce fait existe. Il ne peut être passé sous
silence. En revanche, l’Eglise orthodoxe ne peut pas non plus se résumer à ces
prises de positions personnelles n’engageant que leurs auteurs, fussent-ils
évêques.
Mais
il ne doit pas non plus éclipser le fait que depuis 1977 l’Eglise orthodoxe et
le judaïsme se retrouvent régulièrement au cours de rencontres internationales
marquant la volonté de rapprochement et d’une meilleure compréhension mutuelle.
Consciente de sa continuité avec l’Ancien Israël, l’Eglise orthodoxe appelle à
une fidélité à leurs racines communes, ainsi qu’à l’ouverture nécessaire pour
l’approfondissement du dialogue indispensable à la vie de nos communautés, tout
comme à la protection de la liberté religieuse.
Mesdames et
Messieurs,
Le
judaïsme et l’orthodoxie ont tissé à travers les siècles d’intimes échanges qui
aujourd’hui nourrissent, a fortiori
dans le contexte de la France, l’excellence de leurs fraternelles relations. Au
croisement de nos deux religions, l’art constitue une porte d’accès pouvant
mêler, sans confondre, des inspirations différentes qui disent la vitalité
créatrice du croire. Marc Chagall est à ce croisement comme l’interprète par
excellence du judaïsme et de l’orthodoxie russe. Vous vous souvenez
certainement de cette magnifique représentation de l’hospitalité d’Abraham qui,
dans une déclinaison majestueuse de rouges, reprend littéralement la tradition
des icônes par la mise en œuvre d’une perspective inversée, incluant le
spectateur à l’intérieur de la scène. L’originalité de cette œuvre réside dans
le fait que les trois anges nous apparaissent de dos et non de face comme dans
les représentations d’un Andreï Roublev par exemple. Comme si le peintre tenait
à nous mettre dans la perspective de cette « voie du Seigneur » à
laquelle nous faisons face afin d’y cheminer par la pratique de la justice et
le respect du droit.
Aussi,
finirai-je cette modeste intervention en laissant à votre méditation ces mots
de Charles Péguy : « Une seule injustice, un seul crime, (…) une
seule injure à l'humanité, une seule injure à la justice, et au droit surtout
si elle est universellement, légalement, nationalement, commodément acceptée,
un seul crime rompt et suffit à rompre tout le pacte social, tout le contrat
social, une seule forfaiture, un seul déshonneur suffit à perdre l'honneur, à
déshonorer tout un peuple. »
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